Demi-Stevenson avec mon Samba

26 avril 2017

Avant le départ

Bonjour les gens,

Il y a quatre mois, alors que je vivais une période un peu compliquée de ma vie, fatigante, chargée, intense, j'ai décidé de trouver une randonnée à faire sur quelques jours, en tente, seule avec mon chien.

Pourquoi seule alors que j'ai une famille que j'aime ? Et bien pour plusieurs raisons. D'abord pour penser à moi, uniquement à moi. parce-que je ma vie actuelle fait que je dois gérer beaucoup de choses et que j'ai peu de moments qui me permettent de me poser.

Parce-que marcher seule, comme courir, est l'une des rares activités qui me permettent de mieux me connaître, d'avancer sur mon chemin personnel.

Ensuite par défi: marcher à deux c'est facile, confortable.( Je le sais pour avoir partagé une belle randonnée avec mon mari en bretagne: http://randogr34.canalblog.com/ )

Marcher seule c'est plus dur. Je ne pourrais compter que sur moi, et ainsi, je vais sortir de ma zone de confort.

( Voir mon voyage en Roumanie en Octobre 2013 : http://cathenroumanie.canalblog.com/ )

J'ai donc cherché une randonnée qui permettait de trouver des ravitaillements réguliers, qui ne soit pas trop loin et qui comporte des  campings à taille humaine. ( Ben oui, le bivouac m'a été formellement interdit :) )

Et ainsi, mon choix s'est porté mon choix sur le Chemin de Stevenson.

Vu que je ne disposais que d'une semaine, il m'a fallu choisir,

car le Stevenson original se fait en général en 12 jours.

J'ai donc choisi de faire la partie allant de Notre-dame des Neiges à Saint-Etienne vallée française.

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Mon choix fait, j'ai commandé le topo-guide et la carte IGN, tous deux extrêmement bien réalisés et j'ai préparé mon voyage.

J'apporterai ma voiture au point d'arrivée et j'utiliserai les services de La malle Postale pour me rendre à mon point de départ.

 

Je crois vraiment que cette étape fait partie intégrante du voyage, et j'ai adoré chaque moment.

J'ai acheté mon matériel en essayant d'être raisonnable. Conservé mon sac à dos actuel.

Au final, je partirai avec:

- Un sac Forclaz

- Une tente ferrino lighten 2

- Un sac de couchage Millet Baikal

- Un matelas gonflable quetchua

- Un poncho de pluie Décathlon

- Une frontale décathlon

- Un sifflet ( prêté par ma copine Aurélie )

- Un road-book offert par ma copine Aurélie

- Mon buff TEE ( Trail entre elles)

- 2 culottes décathlon

- 2 paires de chaussettes

- 3 tshirt MC ( dont un Merino de décahtlon )

- 1 polaire

- 1 bas long

- 1 short The North face

- 1 serviette microfibre

- ma paire de chaussures de randonnnée qui m'a été offerte il y a plusieurs années par Olivier et qui est au top, en gore-tex

- 1 paire de tong

- 1 maillot de bain

- 1 trousse de secours au top

- Ma carte et mon topo-guide

- Mon téléphone et mon chargeur

- Des barres de céréales

- Ma carte bancaire/ carte vitale

- Des espèces

- 2 bouteilles de chacune 1 litre d'eau

 

Samba voyagera avec:

- Son sac de bât approach bag de ruffwear

- ses croquettes pour 6 jours réparties dans des sacs zip loc

- Sa gamelle pliante

- 1 bouteille de 500 ml d'eau

 

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En attendant le départ, je m'entraine, je cours, je marche et je profite !!!

 

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Je vous invite à suivre mon blog !

 

 

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23 mai 2017

Jour 0: Départ, enfin !

Dans une localité nommée La Bastide on me conseilla d’abandonner le cours de la rivière et de suivre une route qui grimpait sur la gauche parmi les monts du Vivarais, l’Ardèche moderne. Car j’étais maintenant parvenu au petit chemin menant à mon étrange destination : le couvent des Trappistes de Notre-Dame des Neiges. Le soleil parut comme je quittais le couvert d’un bois de pins et je découvris tout à coup un joli site sauvage au sud. De hautes montagnes rocheuses, aussi bleues que du saphir fermaient l’horizon. Entre elles s’étageaient rangées sur rangées, des montagnes couvertes de bruyères et rocailleuses, le soleil étincelant sur les veines du roc, le taillis envahissant les ravins, aussi âpre qu’au jour de la création. Il n’y avait point apparence de la main de l’homme dans le paysage entier et, en vérité, pas trace de son passage, sauf là où une génération après une génération, avait cheminé dans d’étroits sentiers tortueux pénétrant sous les bouleaux et en sortant, en haut et en bas des versants qu’ils sillonnaient. Les brouillards, qui m’avaient cerné jusqu’alors, s’étaient maintenant résorbés en nuages et ils fuyaient en vitesse et brillaient avec éclat au soleil.

RL STEVENSON. Voyage avec un âne dans les Cevennes.

 

 

Voilà, après toute cette attente, cette impatience, me voici enfin sur la route du départ. J'ai fait mon sac. Mon superbe sac à dos Decathlon. D'un volume de 60 litres, il m'a permis de pouvoir faire entrer tout ce dont j'ai besoin pour dormir, marcher, vivre pendant une semaine.

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Je quitte ma famille à 7h30, samedi matin. Ils sont inquiets, mais ne le montrent pas.

Et moi je suis fébrile, impatiente.

Mais que cette journée est longue !

Trois heures de route pour atteindre mon point d'arrivée, Saint-Étienne vallée française.

J'y suis à 10h45. Un peu en avance.

Samba et moi decouvrons les premiers ânes, lourdement chargés. Samba a peur. Il a beaucoup de succés avec son sac de bât.

Je discute avec un couple d'australiens venus faire le Stevenson. Incroyable de faire tout ce chemin pour arriver ici, en Lozère.

11h30, la navette n'est pas arrivée. 11h45... Je n'ai pas de réseau, je commence à m'inquiéter.

Une famille me prête un téléphone pour essayer de joindre les bureaux. Ils font une partie du chemin avec leurs deux enfants et un âne.

12h, la navette arrive. Une passagère est très mal, une ambulance vient la chercher.

Nous partons enfin pour Saint-Jean du Gard ou nous prendrons une seconde navette pour La Bastide Puylaurent.

Le voyage est interminable. Mais les gens sont agréables et le conducteur assure.

A trois cent kilomètres de Marseille, nous traversons la Canebière !

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Merci la Malle Postale. Un service vraiment pratique qui vous amène à votre point de départ ou d'arrivée et transporte les bagages de ceux qui souhaitent marcher légers.

J'arrive à La Bastide Puylaurent à 16h30.

Mon amie Amandine me rejoint. C'est merveilleux de pouvoir discuter avec elle et de commencer cette aventure ainsi.

Un symbole, vraiment important pour moi...

Elle me dépose à l'abbaye Notre-Dame des Neiges et decouvre ma chambre en même temps que moi.

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Voilà, elle me laisse et je suis seule, avec mon chien.

Le lieu est magnifique. Niché au creux d'une forêt de sapins, les bâtiments sont beaux et parfaitement entretenus.

La chambre est propre, les sanitaires également.

Ici vécut Charles de Foucault durant quelques mois, avant de partir pour le désert.

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Je me balade aux alentours puis il est l'heure de dîner : 19h15.

Nous mettons le couvert tous ensemble. Il y a cinq tables de huit, tout est complet, sauf une place.

Je suis la seule à voyager seule, la plus jeune aussi.

Les gens qui partagent ma table sont très sympathiques. J'adore ces rencontres, ces échanges avec des inconnus.

Nous mangeons de la salade, des saucisses lentilles et du fromage. Avec un bon pichet de rouge.

Je précise, amis végétariens, que pendant cette semaine, je vais mettre mon régime de côté, parce que je n'ai pas le choix des repas et que je meurs de faim.

Une dernière balade au coucher du soleil, avec Samba. Miracle, j'ai une barre de réseau, j'en profite pour appeler ma famille.

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J'apprécie le calme absolu, c'est tellement loin de mon quotidien. Pas de voiture, de commerces, de gens qui crient. La Paix, juste la Paix. J'entre immédiatement dans l'ambiance.

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Et je vais me coucher, Samba s'installe au pied de mon lit. Demain, ma petite aventure commence vraiment. J'ai hâte !

 

 

 

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29 mai 2017

Jour 1: De l'Abbaye Notre-dame des Neiges à Chasserades 16 km

Le voyage que raconte ce petit livre me fut très agréable et avantageux. Après un début singulier, j’ai eu meilleure chance à la fin. Mais nous sommes tous des voyageurs dans ce que John Bunyan nomme le désert de ce monde – tous, aussi, des voyageurs avec un âne et ce que nous trouvons de meilleur en route c’est un loyal ami. Bienheureux le voyageur qui en trouve plusieurs ! Nous courons le monde, en fait, pour les rencontrer. Ils sont le but et la récompense de la vie. Ils nous gardent dignes de nous-mêmes et, lorsque nous sommes seuls, nous sommes simplement plus près de l’absent.

Tout livre est, dans sa signification secrète, une lettre ouverte aux amis de l’auteur. Eux seuls en pénètrent l’esprit ; ils découvrent des messages particuliers, des assurances d’affection et des témoignages de gratitude insérés à leur intention à toutes les pages. Le public n’est qu’un patron généreux qui acquitte les frais de poste. Pourtant, quoique la lettre soit adressée à tout le monde, c’est pour nous une vieille et aimable coutume d’en faire expressément hommage à une seule personne. De quoi un homme pourrait-il être fier, sinon de ses amis ? Et, dès lors, mon cher Sidney Colvin, c’est avec orgueil que je me déclare, ici, vôtre affectueusement. RL..STEVENSON.

 

 

Je me réveille à 6h. J'ai bien dormi, Samba à mes pieds. Je regarde par la fenêtre: Il n'y a pas de nuages, le ciel est clair. Le soleil se lève doucement.

Je me prépare et je vais prendre mon petit déjeuner. Une ricore, du pain, du beurre, de la confiture. Avec moi, il y a un couple qui randonne également avec un chien, des anglais. Mais leur chien est vieux, ce sera sa dernière randonnée.

Je laisse mon obole dans l'urne affecté à cet effet. Ici, vous pouvez dormir, manger, méditer, vous reposer, on ne vous demande rien sinon que de laisser de quoi permettre au monastère de continuer de fonctionner.

Un dernier regard pour ce lieu accueillant et nous partons. Moi, mon sac chargé à plein et Samba avec son sac de bât contenant ses croquettes pour la durée du voyage.

Il a beaucoup de succès avec. Les gens posent plein de questions. Le prennent en photo. Et ce tout au long de notre périple.

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Il est 6h30, les oiseaux chantent, il n'y a que nous. La journée nous appartient. Le soleil se lève peu a peu et dore les arbres, les fleurs. La nature sent si bon...

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C'est parti pour une petite étape de 16km.

Après deux kilomètres dans la forêt, j'arrive de nouveau à La Bastide Puylaurent. Le village est endormi. Le petit commerce fermé, tant pis pour le pique-nique. Mais je prends le temps de boire un café. Puis nous repartons. Le chemin traverse la voie ferrée puis monte doucement vers un sentier surplombant la vallée.

Je traverse des paysages magnifiques, apaisants. Des forêts de pins, des prairies ou chantent les grillons. Les fleurs sont partout. C'est si beau.

Mon esprit continue de fonctionner trop vite, je n'ai pas encore perdu mes réflexes de citadine surbookée. Mais, je sens l'apaisement venir, doucement, subrepticement. Je sens mon visage se détendre et je me surprends à sourire sans raison. C'est si bon, si rare.

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Aucune difficulté sur cette étape : les chemins sont larges et agréables, il y a très peu de dénivelé.

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Le GR est très bien balisé. En fait, pour éviter de me répéter, je peux dire ici que tout au long du chemin, il est impossible de se tromper, sauf à se montrer tête en l'air. Le GR70 est indiqué à chaque croisement, il suffit d'être attentif. Et lorsque nous croisons d'autres GR comme le 7, le 68 ou le 72, ils sont indiqués également. La carte et le Topo guide sont un excellent complément pour s'instruire et mesurer le chemin parcouru.

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Durant ces six jours, j'ai vu des genets en fleurs, partout. Illuminant de jaune intense le vert de la nature si présent dans ces régions.

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Je traverse une rivière et Samba s'en donne à coeur joie. Il est comme un enfant dès qu'il voit une rivière. D'ailleurs, au cours de ces six jours de marche, les seules fois ou il est parti en courant loin de moi c'est lorsqu'il entendait, au loin, le doux bruit d'un cours d'eau. L'appel irrésistible de la fraîcheur !

Je n'ai croisé que deux randonneurs aujourd'hui. J'ai échangé quelques mots avec eux, comme avec tous ceux que je croise durant mon voyage.

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Mais je marche trop vite !!! Je me connais pourtant, cette sale manie de toujours tout faire vite. Même en s'arrêtant plusieurs fois, j'arrive à Chasserades à 10h30. 16 kilomètres, environ 100 mètres de dénivelé positif.

 

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Peu importe. Je rejoins la Ferme de Prat Claux, plante ma tente avec une facilité déconcertante, merci Ferrino. Je gonfle mon petit matelas, il est hyper rapide à gonfler, il me semble fin mais on verra bien. Une douche, lavage de mes vêtements, et voilà. Je suis installée pour ma première nuit.

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La ferme est un petit camping familial. Les propriétaires vendent des produits faits sur place ( saucisse et terrines ). Je suis la seule en tente mais il y a quelques mobil-homes occupés. L'accueil est sympathique. Je peux charger mon téléphone dans la pièce contigüe aux sanitaires.

Je pars au village qui se trouve à environ 1 kilomètre, fais quelques provisions pour le soir et le lendemain. Je croise à l'épicerie des marcheurs rencontrés à l'abbaye, et je vais déjeuner au restaurant du village. Vu que je suis avec Samba, je suis priée de rester côté bar, à l'extérieur. Mais ça me va très bien. Je déjeune d'une salade, accompagnée d'une bière. Le pain est bon.

A Chasseradés, vous pouvez trouver un camping municipal, un hôtel-restaurant, une petite épicerie qui ouvre à 08h00 et des chambres d'hôtes. C'est un tout petit village avec une belle église.

Retour au camping. Je me repose, au calme, Samba dort. Puis nous repartons nous promener. Je suis pieds nus, c'est bon. Samba se jette comme un enfant dans un ruisseau boueux puis se roule dans la bouse de vache, c'est ignoble, mais nous sommes heureux.

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Samba aboie courageusement après les vaches, mais s'enfuit en courant dès que l'une d'entre elle s'approche avec curiosité de cette chose noire et blanche !

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Retour au camping, le temps est à nous. Je ne fais rien, vraiment rien. C'est tellement inhabituel pour moi. La journée touche à sa fin. Petit pique-nique frugal partagé avec Samba. Puis nous filons sous la tente.Je me demande si je vais parvenir à dormir. Moi qui suis si trouillarde en dehors de la ville. Maix curieusement, durant toute cette escapade, je n'ai pas peur, c'est étrange.

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La nuit est entrecoupée de réveils, mais finalement, le matin revient...

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Jour 2: De Chasserades à Le Bleymard

Elle s’ouvrait passage à travers Lestampes par des plateaux, des bois de hêtres et de bouleaux et, à chaque détour, me découvrait des spectacles d’un nouvel agrément. Même dans le ravin de Chassezac, mon oreille avait été frappée par un bruit semblable à celui d’un gros bourdon sonnant à la distance de plusieurs milles, mais à mesure que je continuai de monter et de me rapprocher, il paraissait changer de ton. Je constatai enfin qu’il était provoqué par un berger qui menait paître son troupeau au son d’une trompe. L’étroite rue de Lestampes, d’un bout à l’autre, débordait de moutons – des moutons noirs et blancs, bêlant avec ensemble comme chantent les oiseaux au printemps, et chacun s’accompagnant de la clochette pastorale suspendue à son cou. Cela faisait un impressionnant concert tout à l’aigu. Un peu plus haut, je passai près de deux hommes perchés dans un arbre, armés d’une serpe à émonder. L’un d’eux fredonnait une chanson de bourrée. Un peu plus loin encore et tandis que je pénétrais déjà sous les bouleaux, le chant des coqs me parvint joyeusement et, en même temps, se prolongea la voix d’une flûte qui modulait un air discret et plaintif dans l’un des villages des hauteurs. Je me représentai un maître d’école rustique, aux joues de pomme d’api, grisonnant, qui jouait du chalumeau dans son bout de jardin au soleil du clair automne. Ces diverses musiques d’un charme singulier m’emplissaient le cœur d’une expectative insolite. Il me semblait qu’une fois franchi le contrefort que j’escaladais, j’allais descendre dans le paradis terrestre. Et je ne fus point déçu, puisque j’étais désormais entraîné à la pluie, à l’ouragan, à la désolation de l’endroit. Ici s’achevait la première partie de mon voyage. Et c’était comme une harmonieuse introduction à l’autre et bien plus belle encore. RL.STEVENSON

 

Je me réveille à 6h36. Les oiseaux ont repris leur concert.

Je m'extirpe de la tente. Le matelas ne s'est pas dégonflé, je n'ai pas eu froid et la tente n'a pas bougé.

Samba hésite à sortir. Il est un peu trouillard quand même...

Petite toilette, je nourris Samba et je range tout. Alors ça, croyez-moi, c'est de loin le plus pénible. Parvenir à tout faire rentrer à sa place. Mais j'y arrive. La mise en route est probablement le plus difficile lorsqu'on dort en tente.

Je remplis les gourdes et nous partons.

Je n'ai aucune courbature, c'est bon signe pour la suite !

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Petit arrêt à Chasserades pour prendre un café et un croissant au restaurant ou j'avais diné la veille et en route.

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Nous traversons Chasserades puis Mirandol. Là, deux chiens s'en prennent à samba et abiment la fermeture éclair de son sac. Heureusement que j'ai une épingle à nourrice. Mais je suis un peu agacée.

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Samba trouve une rivière qui lui fait oublier sa mésaventure. Mirandol est un minuscule village, tout en pierre.

Puis nous commençons à grimper, l'Estampe, et puis la forêt. En prenant de la hauteur, je peux admirer l'aqueduc de Mirandol, c'est beau. Toute cette verdure exempte de béton, c'est exactement ce dont je rêvais.

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Ça grimpe fort cette fois. Je sors les bâtons.La montée est forcément plus difficile lorsqu'on porte plus de neuf kilos sur le dos. Alors le pas s'adapte, il devient plus lent, plus concentré. Chaque pas semble avoir un sens, un but.

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Arrivés en haut, nous faisons une petite pause bien méritée.Samba adore les raisins secs et aussi les barres de céréales.

Nous restons un moment, puis nous repartons. Samba sait quand je lui remets son sac qu'il est temps de partir.

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Maintenant, le chemin descend, toujours dans la forêt. C'est apaisant. Je sens mes pensées se taire, enfin !

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Je croise quatre personnes avec qui j'avais dîné le premier soir. Nous discutons quelques minutes. Ils randonnent ensemble, retraités, ils ont du temps et le mettent à profit pour découvrir la France de la plus belle manière qui soit.

Le chemin remonte à nouveau, serpente dans la forêt, puis nous arrivons à la source du Lot. Il faut  s'écarter de 200 mètres en dehors du GR pour aller la voir, mais ça vaut le coup.

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Samba se régale car nous croisons régulièrement des cours d'eau. Nous nous arrêtons au bord de la rivière. Petite pause déjeuner. Encore une fois, nous partageons notre pique-nique. Je vois passer des randonneurs, des VTT.  Puis nous repartons.

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Il reste quatre kilomètres à parcourir. La forêt cède place à de beaux paysages, les oiseaux laissent chanter les grillons. Je suis heureuse. Il fait chaud, le soleil brille, il n'y a pas un nuage dans le ciel.

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Nous arrivons enfin au Bleymard après 19 km et environ 400 mètres de dénivelé positif.

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Nous nous installons au camping en bordure de rivière. Douche, lavage du linge et repos. Le camping municipal du Bleymard est le plus agréable de mon voyage. Il est bien situé, joli et propre.

Je vois arriver un randonneur, campeur comme moi. Probablement plus jeune. Ce n'est que le début, je vais le croiser tout au long du chemin. mais il est sacrément sauvage, nous n'avons échangé que quelques mots durant ces brèves rencontres.

Après une petite sieste et une mini séance de yoga, nous partons faire le tour du village. J'apprécie à sa juste valeur une bière en terrasse. Je profite, je prends mon temps, un vrai luxe. Petit passage chez carrefour contact pour acheter le pique-nique du lendemain. Il y a tout ce qu'il faut.

Ici, au Bleymard, il y a une boulangerie qui ouvre à 07h15, un bar-tabac-presse, une charcuterie, un restaurant, un camping municipal et des chambres d'hôtes.

Je réserve une table au restaurant du village. En attendant l'heure du dîner, je repars au camping.

Il est enfin l'heure. Je meurs de faim ! Tous les gens qui dinent pourraient être mes parents, voire mes grands-parents. Je mange, seule, mais la proximité de l'humanité suffit à mon bonheur. Nul besoin de parler. Ils sont là, c'est tout. Je me régale, et j'apprécie le vin qui récompense cette journée.

Puis nous rentrons au camping. Nous nous endormons tôt, fatigués et sereins.

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30 mai 2017

Jour 3: De Le Bleymard à Pont de Montvert 19 km

La nuit est un temps de mortelle monotonie sous un toit ; en plein air, par contre, elle s’écoule, légère parmi les astres et la rosée et les parfums. Les heures y sont marquées par les changements sur le visage de la nature. Ce qui ressemble à une mort momentanée aux gens qu’étouffent murs et rideaux n’est qu’un sommeil sans pesanteur et vivant pour qui dort en plein champ. La nuit entière il peut entendre la nature respirer à souffles profonds et libres. Même, lorsqu’elle se repose, elle remue et sourit et il y a une heure émouvante ignorée par ceux qui habitent les maisons : lorsqu’une impression de réveil passe au large sur l’hémisphère endormi et qu’au-dehors tout le reste du monde se lève. C’est alors que le coq chante pour la première fois. Il n’annonce point l’aurore en ce moment, mais comme un guetteur vigilant, il accélère le cours de la nuit. Le bétail s’éveille dans les prés ; les moutons déjeunent dans la rosée au versant des collines et se meuvent parmi les fougères, vers un nouveau pâturage. Et les chemineaux qui se sont couchés avec les poules ouvrent leurs yeux embrumés et contemplent la magnificence de la nuit. RL.STEVENSON

 

Je suis réveillée à 05h50, que c'est tôt ! C'est loupé pour la grasse matinée, mais j'ai bien dormi.Bercée par la rivière.Je sors de la tente, toujours pas de courbatures.

Je range mon barda, décidément, je n'aime pas ça.

Puis nous partons. Je prie pour que les deux bars soient ouverts. Et bien non...C'est assez difficile de partir sans un peu de café. Mais c'est ainsi. ca fait partie du voyage.

Heureusement, la boulangère me voyant attendre patiemment devant la boulangerie me fait entrer et je peux acheter du pain et un pain au chocolat tout chaud... que je dois partager avec le machin noir qui me suit.

Nous commençons notre marche à 7h. Le monde est endormi, seuls les oiseaux sont réveillés et nous accompagnent. Nous quittons le village et montons doucement.Au revoir Le Bleymard...

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Un randonneur a laissé une jolie trace de son passage...

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Tout d'abord, ce sont des prairies vertes, tellement belles.

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Les prairies laissent place à une forêt de sapins et de mélezes. Samba est à l'affut. Ça grimpe fort. je m'aide de mes bâtons. Mais jamais je ne me décourage, jamais.

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Puis nous sortons de la forêt, nous faisons une halte à la station du mont-lozere.C'est probablement à ce moment que j'ai perdu mon chapeau, celui que j'avais conservé avec soin depuis notre voyage de noces au Kenya.

Dans cette mini-station qui, je crois, ne compte qu'une remontée mécanique, il y a un hôtel-restaurant. Il est ouvert. Je commande un café que je bois sous l'oeil et les questions de deux petits enfants très curieux. La famille s'est installée ici en Septembre. les enfants et les parents semblent heureux de cette nouvelle vie.

Nous croisons un couple avec un âne, décidément, Samba ne les aime pas. En revanche, ce couple me demande s'il peuvent prendre Samba en photo. Quelle star !

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Nous reprenons notre montée vers le sommet du Finiels. La végétation est complètement différente : rase, sèche. Des grosses pierres droites jalonnent le chemin. C'est beau, vraiment. Je peux dire que cette montée m'a enchantée, du début à la fin. Il y a un peu de magie dans ce paysage. Je ressens l'impression, si rare chez moi, d'être ici et maintenant, à ma place et heureuse.

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Nous arrivons au sommet, 1699 mètres. Je suis enthousiasmée par cette beauté à 360 degrés. C'est beau, tellement beau. Je filme, je fais des photos. Mais avant tout, j'admire, longuement, posément. Parce-que les images les plus belles sont celles qui resteront gravées dans ma mémoire.

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Je vois arriver le promeneur solitaire qui était au camping hier soir. Je lui dis simplement que c'est beau, il acquiesce. Puis arrivent les deux marcheurs avec leur âne. Ils semblent également admiratifs de ce paysage aride.

Je repars, un peu à regrets, comme si je savais au fond de moi que cette montée terminée signifiait que mon voyage basculait de l'autre côté.   

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La végétation devient plus méditerranéenne, je reconnais les odeurs de pins. C'est beau. Nous descendons à travers une forêt de pins puis pfiou, encore un paysage grandiose.

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L'arrivée sur Finiels m'émerveille. Le petit village est beau.Je n'arrête pas de me dire que c'est magnifique. Il y a de gros rochers posés ça et là. Au milieu de la verdure et des genêts.

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Finiels est un tout petit village, si joli. Il manque juste un bar pour se rafraîchir.

Samba trouve sa première rivière du jour. Nous pique-niquons, puis faisons une pause les pieds dans l'eau.Je me trempe aussi les pieds. Je revois passer le randonneur solitaire.

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Enfin, nous entamons la descente vers notre destination. Je fatigue un peu. Alors je vais doucement. Après 19 km et environ 600 mètres de dénivelé positif et un peu plus en négatif, nous voilà arrivés au Pont de Montvert. Je descends une bière et nous filons installer la tente au cas où les orages prévus arrivent. Je suis de nouveau voisine du randonneur solitaire.

Le Pont de Montvert est un village plus grand. Il y a une pharmacie, deux bars, une petite superette ouverte très tôt le matin, deux restaurants, une boulangerie, un distributeur et d'autres commerces. C'est pratique pour se ravitailler.

Je fais quelques provisions pour le lendemain puis je retourne au camping. Je me repose un peu, mais au fond, je ne suis pas tellement fatiguée. Je vis chaque moment comme une chance, une richesse. Je ne veux pas en perdre une miette.

Le camping municipal est moins agréable que le précédent mais il y a des douches, de quoi charger mon téléphone et il est propre. Il y a quelques personnes qui sont en caravane. Nous discutons un peu. Des gens jouent à la pétanque. la vie quoi.

Je vais dîner dans un des deux restaurants du village. Je croise plusieurs des randonneurs que je vois depuis le début de l'aventure. Nous échangeons quelques mots. C'est un lien qui se crée entre tous ceux qui empruntent ce chemin.

Je vais me coucher, Samba à mes pieds. Finalement il ne pleut pas. Mon troisième jour est passé, déjà...

 

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31 mai 2017

Jour 4: du Pont de Montvert à Bedoues 25 km

Une route neuve conduit de Pont-de-Montvert à Florac, par la vallée du Tarn. Son assise de sable doux se développe environ à mi-chemin entre le faîte des monts et la rivière au fond de la vallée. Et j’entrais pour en sortir, alternativement, sous des golfes d’ombres et des promontoires ensoleillés par l’après-midi. C’était une passe analogue à celle de Killiecrankie, un ravin profond en entonnoir dans les montagnes, avec le Tarn menant un grondement merveilleusement sauvage, là-bas, en dessous, et des hauteurs escarpées dans la lumière du soleil, là-haut, au-dessus. Une étroite bordure de frênes cerclait la cime des monts comme du lierre sur des ruines. Sur les versants inférieurs et au-delà de chaque gorge, des châtaigniers, par groupes de quatre, montaient jusqu’au ciel sous leur feuillage épandu. Certains étaient implantés chacun sur une terrasse individuelle pas plus large qu’un lit ; d’autres, confiants en leurs racines, trouvaient moyen de croître, de se développer, de rester debout et touffus sur les pentes ardues de la vallée. D’autres, sur les bords de la rivière, restaient rangés en bataille et puissants comme les cèdres du Liban. Pourtant là même où ils croissaient en masse serrée, ils ne faisaient point penser à un bois, mais à une troupe d’athlètes. Et le dôme de chacun de ces arbres s’étalait, isolé et vaste d’entre les dômes de ses compagnons, comme s’il avait été lui-même une petite éminence. Ils dégageaient un parfum d’une douceur légère qui errait dans l’air de l’après-midi. L’automne avait posé ses teintes d’or et de flétrissure sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage, en sorte que chaque épaisseur prenait du relief contre son voisin, non dans l’ombre, mais dans la lumière. Un humble dessinateur d’esquisses lâchait, ici, désespéré, son crayon. RL.STEVENSON

 

 

Après une nuit entrecoupée des hurlements glaçants d'un chien, je me réveille à 6h15. C'est encore rapé pour la grasse matinée, mais je ne me sens pas fatiguée. Je sors de la tente.

Rangement du matériel, toilette sommaire et je pars avec mon Samba. Ce matin, j'ai le droit à un petit café au bar, une course au Vival ouvert à 7h, ce qui est très pratique, et nous entamons notre, déjà, quatrième jour.

Je quitte le village du Pont de Monvert.

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Le ciel est menaçant, et le reste toute la journée. Nous commençons directement par monter, inlassablement.

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Puis nous arrivons sur un plateau que nous suivons un moment.

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La vue est dégagée sur cette première partie du trajet. C'est beau malgré la grisaille.Mais je reconnais que le soleil rend tout beaucoup plus gai, plus beau.

 

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Je profite d'un rayon de soleil et d'un champ de narcisses merveilleusement odorantes pour faire une petite photo... narcissique !

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Une descente et une longue, longue et interminable montée commence. Dans la forêt. Je croise, une fois encore, mon voisin de camping, tantôt devant moi, tantôt derrière. Enfin nous sommes au sommet. Je suis épuisée.

Mais la vue est jolie. Nous faisons une pause bien méritée. Je vois passer quelques marcheurs, un monsieur à Vélo qui accompagne des amis qui marchent puis commençons à descendre vers le col du Sapet.

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Samba et moi partageons le pique-nique du jour. Je discute avec une dame qui gère la voiture d'une étape à l'autre pendant que ses amis randonnent ou pédalent. Elle est drôlement gentille, et je vais m'en aperçevoir plus tard... Je suis touchée tout au long de cette randonnée de la sollicitude des gens. C'est tellement loin de mon quotidien, tellement... Il n'y a rien d'intéressé dans ces courts échanges, juste le plaisir de partager quelques instants de vie. C'est précieux.

Il nous reste encore 11km à parcourir... La descente se fait dans la forêt. Ce n'est vraiment pas ce que je préfère.

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Les arbres ont parfois des formes incroyables !

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Je souffre, j'ai mal au dos, je sens pour la première fois un poids, une douleur. Mais très curieusement, j'y trouve un sens, et je finis par l'aimer. Elle signifie que je suis là, vivante.

Nous arrivons en bas, le long du Tarn. Samba se jette dans la rivière. J'y plonge mes pieds endoloris avec joie. Mais je n'ai toujours aucune ampoule, vive mes chaussures !

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Puis nous terminons les derniers kilomètres.Tranquillement.

24 kilomètres, 600 mètres de dénivelé positif et un peu plus en négatif. Une bonne journée.

Nous arrivons au camping, au bord de l'eau. Le bruit de la rivière est fort cette fois. J'installe toujours aussi facilement le campement. Je prends ma douche, je bois une bonne bière dans un fauteuil incroyablement confortable au camping puis je me repose, sur un transat, tandis que Samba se baigne.

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Je dîne au snack du camping de Chantemerle, c'est bon, étrangement très bon. En fait, comme j'ai vraiment faim chaque soir, je mange avec un réel appétit et non par habitude ou gourmandise.

Le repas est pris dehors, au bord de l'eau, c'est très agréable.

Puis, je file sous la tente, suivie de près par Samba.

Il est temps de dormir...

 

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02 juin 2017

Jour 5: de Bedoues à Cassagnas 25 km

Le mardi, 1er octobre, nous quittâmes Florac, bourrique fatiguée et conducteur de bourrique fatigué. Un petit chemin en amont du Tarnon, un pont couvert en bois, nous firent pénétrer dans la vallée de la Mimente. D’âpres montagnes de roche rougeâtre dominaient le cours d’eau. D’immenses chênes et des châtaigniers croissaient sur les versants ou sur les terrasses pierreuses. Çà et là, un champ rouge de millet ou quelques pommiers surchargés de pommes écarlates, puis la route longea de fort près deux hameaux obscurs, l’un d’eux nanti d’un ancien château-fort, haut perché, à réjouir le cœur du touriste. RL.STEVENSON

 

Je me lève tôt Après une nuit agréable. Je range tout, partage une barre de céréales avec Samba. Le camping est endormi. Départ à 6h30 pour Cassagnas. Bedoues s'éloigne doucement, dans la brume matinale.

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Je longe le Tarn. La nature se réveille. Jour Après jour, je suis émerveillée par les sons et les odeurs. C'est magique.

La brume se lève peu a peu.

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J'arrive à Florac à 7h30.C'est une jolie petite ville.

J'achète du pain frais, un croissant, de quoi pique-niquer et je m'installe tranquillement pour boire mon premier café de la journée.

Il fait beau.

Puis je reprends le chemin.

Il pleut trois petites gouttes, histoire de me faire utiliser ma cape de pluie.

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En quittant Florac je croise de nouveau le jeune homme solitaire.

Ça monte doucement. Mais tranquillement. Samba est terrifié par quelques moutons.

Aujourd'hui, je traverse des forêts de chataigniers. C'est encore un paysage différent des autres jours.

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Je profite, je marche calmement, car j'ai en tête que c'est mon avant-dernier jour.

Je croise de nouveau des gens que j'ai déjà rencontré. Nous échangeons, c'est très convivial.Il y a ce couple qui a vu grandir ses enfants et qui peut désormais profiter de temps pour randonner sur plusieurs jours. Ils ont quelques belles randonnées à leur actif.

Il y a de nouveau cette femme qui conduit la voiture pendant que ses compagnons marchent ou pédalent.

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Nous longeons une rivière tout le long du chemin mais nous sommes trop hauts pour que samba se baigne. Il trépigne. Puis enfin, un accès. Je lui enlève son sac et il va se baigner longuement dans l'eau claire.J'y plonge mes pieds.

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Nous partageons le pique-nique, Samba s'endort quelques minutes. Puis nous reprenons le chemin plat, accompagnés par les oiseaux.

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Nous arrivons tôt à l'aire Stevenson, de l'ancienne gare de cassagnas. Le lieu est joli.

25 kilomètres pour environ 200 mètres de dénivelé positif.

Je m'installe face aux sanitaires, dans un emplacement au bord de la rivière.

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Douche, rangement et j'amène Samba se baigner de nouveau. Il joue comme un enfant. Absolument pas fatigué par les 25 kilomètres parcourus.

Je remonte et discute avec les randonneurs qui arrivent les uns après les autres.Il y a un espace avec des tables extérieures. Je sirote une bière bien fraîche.

Un randonneur a retrouvé le médaillon de Samba !Vu que je suis la seule à voyager avec mon chien, ils ont tout de suite pensé que c'était celui de Samba.

Ici c'est un gite étape. Il y a beaucoup de monde qui dort en chambre ou gîte et dine au restaurant.

Je suis la seule en tente.

L'orage gronde soudain. Je le regarde avec curiosité, et un peu d'inquiétude. je compte les secondes qui séparent les éclairs du tonnerre. Je n'ai jamais su si ça avait vraiment un sens.

Puis je file dîner. Je suis seule à ma table, mais beaucoup de personnes viennent me parler.

Des personnes me proposent de manger avec eux.C'est si gentil. Encore une fois, si loin de mon quotidien dur.

Il pleut des cordes. Là, pour la première fois, je suis inquiète pour mes affaires.Je regarde sans arrêt par la fenêtre. Les gens de la table d'a côté me rassurent.

Deux gentilles et adorables dames me proposent un lit dans leur chambre pour l'une et dans le dortoir pour l'autre.

L'une est la dame qui conduit la voiture que j'ai croisé deux fois déjà et l'autre la femme du couple avec qui j'ai discuté aujourd'hui.

Je suis profondément touchée par tant de sollicitude.

Je demande à la propriétaire du relai si je pourrais dormir au chaud au cas où mes affaires seraient trempées. Elle me dit sèchement que c'est impossible avec le chien. No coment...

Je termine de manger et je vais voir. La tente a résisté. Je vais pouvoir dormir dedans.J'entends la dame à la voiture s'approcher de ma tente, sous la pluie, pour vérifier si je vais bien. Je suis émue...

Je m'endors avec le bruit des gouttes qui tapent sur la toile de ma Fferrino d'amour. Je n'ai même pas froid. Je suis bien.

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Jour 6: De Cassagnas à Saint-étienne Vallée Française 24 km

Je me réfugiai sur les terrasses qui forment comme un vert tapis de gazon et tentai vainement d’imiter au crayon les inimitables attitudes des châtaigniers qui dressaient haut leurs dômes de verdure. Par instants soufflait un vent léger et les châtaignes dégringolaient dans l’herbe autour de moi avec un bruit assourdi. Ce bruit était comparable à celui d’une chute de gros grêlons, mais celui-ci portait en lui l’impression cordiale et humaine d’une récolte proche et de fermiers heureux du résultat. En levant les yeux, je pouvais voir les fruits bruns dans leurs bogues épineuses à demi ouvertes déjà et entre les troncs le regard embrassait un cirque de montagnes dorées par le soleil et vertes de feuillage.

Je n’ai pas souvent éprouvé tant d’intime satisfaction en présence d’un site. Je me mouvais dans une atmosphère délicieuse et me sentais allègre et tranquille et heureux. Peut-être n’était-ce point l’endroit seul qui me rendait l’esprit ainsi dispos. Peut-être quelqu’un dans un autre pays pensait-il à moi. Ou peut-être une de mes pensées avait-elle surgi spontanément et s’était-elle évanouie à mon insu, qui me faisait du bien. Car certaines pensées – et assurément les plus belles – s’effacent avant qu’il nous soit possible d’en déterminer les traits exacts, comme si un dieu, cheminant par nos grand-routes vertes, ne faisait qu’entrouvrir la porte de la maison, lancer un coup d’œil souriant à l’intérieur et s’éloigner pour toujours. Est-ce Apollon ? Ou Mercure ? Ou l’Amour aux ailes repliées ? Qui peut le dire ? Mais nous vaquons plus allègres à nos besognes et sentons paix et joie en nos cœurs. RL.STEVENSON

 

Je me réveille à 6h15. Il ne pleut plus, je suis au sec mais dehors tout est humide, trempé.

Les nuages et la brume ont envahi tout ce qui m'environne.

Je range tout pour la dernière fois, je suis triste, déjà nostalgique alors que mon voyage n'est pas encore terminé.

Je laisse un petit mot à l'attention de tous ceux qui ont partagé mon chemin à un moment ou un autre. Je le glisse dans un des petits panneaux gr70 juste à la sortie du relais. J'espère qu'ils le verront.

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Nous montons doucement mais longuement dans la forêt d'immenses sapins, la brume est partout. L'ambiance est sombre, à l'image de ce que je ressens intérieurement. D'ailleurs, les pensées qui m'avaient fichu la paix durant ces quelques jours reviennent insidieusement.

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Puis, au col de la pierre plantée, la descente commence. Avant de l'entamer, Samba et moi partageons une dernière barre de céréales. La brume se dissipe peu à peu.

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Je ralentis, mais je sais que chaque pas me rapproche de la fin.

Je croise le randonneur solitaire pour la dernière fois.

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Aujourd'hui, je ne vois aucun des autres randonneurs croisés les autres jours.

Je m'arrête à Saint-germain de Calberte pour acheter mon pique-nique. Je bois mon café, le premier de la journée.

Je discute avec des villageois qui me disent que je ne dois pas être végan pour exploiter ainsi mon chien. Je n'arrive pas à savoir s'ils sont sérieux ou pas. Peu importe. Mon chien est heureux.

J'ai déjà parcouru 15 kilomètres...

Je reprends ma route et nous nous arrêtons un kilomètre plus loin pour déjeuner.

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Je ramasse quelques fraises des bois et en laisse pour les randonneurs qui vont passer après moi.

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Il fait chaud, pour la première fois.

Je sens que l'eau va nous manquer. Samba a chaud, il boit beaucoup et plusieurs fois, s'arrête au milieu du chemin et se couche. Je le laisse se reposer.

Il doit nous rester quatre kilomètres, seulement...

Je rencontre un homme qui fait le Stevenson en trail. Il est parti du Puy-en-Velay quatre jours plus tôt. Respect... Ça me fait rêver... Il a entendu parler de moi lors d'une étape.Nous discutons un moment. Il fait environ 50 kilomètres par jour. A un sac d'hydratation et des bâtons, et c'est tout. Je prends cette ultime rencontre pour un signe de ce que sera mon prochain défi. Parce-qu'il y en aura un autre. C'est évident.

C'est ça la randonnée itinérante, ça créé des liens invisibles entre les marcheurs.Chaque personne qui a croisé ma route m'a apporté quelque chose. Un sourire, un mot, un encouragement. L'humanité toute simple, sans arrière-pensée. Celle que j'aime.

J'oublie de faire des photos sur les derniers kilomètres.

Nous arrivons à Saint-Etienne Vallée Française. Je n'arrive pas à croire que j'étais là sept jours plus tôt.

Je voudrais remonter le temps, mais c'est impossible. Je m'installe au bar, commande ma dernière bière. 24 kilomètres, 400 mètres de dénivelé positif.Je reste un long moment dans ce bar au nom si joli: " Un dimanche à la campagne". J'espère voir passer des visages connus, mais non.

Mon aventure se termine là ou elle a débuté. Je l'ai réussie. Demain, ce sera la conclusion.

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Conclusion

Les jours s'écoulent. J'en apprécie chaque minute. J'aime cet isolement, j'aime la beauté de ce désert. J'ai toujours eu l'impression que la vie ne donne rien sans rien et que tout a un coût. Je savoure d'autant plus la magie de ces instants. Si maintenant vous arriviez à mon camp, vous me trouveriez avec un sourire de contentement. Vous m'interrogeriez très certainement sur le pourquoi de mon bonheur... Je répondrais alors : " Je suis au bon endroit, au bon moment, c'est tout, je le sens, je le sais." Mon coeur respire la terre. Sarah MARQUIS. Sauvage par nature.

 

Voilà, c'est fini. Quoi qu'on fasse, le temps nous dépasse toujours, il gagne la partie. Inéluctablement. Qu'on choisisse la lenteur ou la vitesse, qu'on profite de l'instant présent ou qu'on se presse, quoi qu'on fasse, on est toujours dépendant du temps.

Bilan de ma randonnée:

Tout d'abord, je voudrais revenir sur les aspects techniques.

-La tente, ma Lighten Ferrino 2. Vraiment top. Très facile à monter et démonter. Très grande pour moi, Samba et notre barda. J'émets des doutes sur la possibilité de dormir à deux car il n'y aura pas assez de place pour les sacs. J'ai pu vérifier son étanchéité. Vraiment un excellent rapport qualité prix.
-Mon sac à dos Trekking easyfit Forclaz 60 Litres de Décathlon : au top. Grand : j'ai pu tout mettre à l'intérieur, ce qui est vraiment pratique. Poches nombreuses, colori au top et surtout un confort qui s'est confirmé jour après jour. Il ne m'a jamais trahie. J'en suis pleinement satisfaite.
-le matelas Trek Forclaz air rouge de Décathlon : rien à dire. Se gonfle en une minute, ne s'est jamais dégonflé pendant la nuit, et se dégonfle et se range très facilement.
-Le sac de couchage millet Baikal 750 : nickel. Je n'ai jamais eu froid dedans. Il est vraiment pratique, léger. Un peu difficile à ranger dans son sac le matin.
-Le sac de bât approach bag de ruffwear : Samba l'a adopté immédiatement. Il est vraiment de bonne qualité. La prochaine fois, je teste la version waterproof !

- Côté vêtements, j'ai surtout apprécié le Tshirt Merino de Decathlon. Le confort est vraiment appréciable, on ne sent pas l'humidité en marchant, c'est top.

 

Mes conseils de lectures, mes sources d'inspiration:

Le premier livre qui m'a donné envie de marcher seule, probablement le plus abouti, le plus fort, le plus beau : Wild de Cherryl STRAYED. L'histoire de son voyage sur le PCT ( Pacific Crest Trail ). Un récit boulversant. Je crois qu'à mon âge, avec trois enfants, il me sera difficile de réaliser le même parcours, mais j'avoue que j'en ai très envie.

Ensuite, les livres de Sylvain TESSON, et notamment Sur les chemins noirs, un récit intime très sincère, très profond qui mèle l'aventure sur les chemins les plus reculés de notre beau pays et l'introspection sans concessions d'un homme face à ses démons.

Les livres de Sarah MARQUIS, une aventurière Suisse qui a vécu des voyages incroyables, une femme forte et sauvage.

Pour terminer, et même s'il a forcément vieilli, Voyage avec un âne dans les Cevennes de Robert Louis STEVENSON. Sans lui, le GR 70 n'existerait probablement pas.

Un autre livre qui m'a inspiré, Into the wild de John Krakauer, je n'ai jamais vu le film mais j'ai adoré le livre, malgré la tristesse qui plâne tout le long du livre.

J'ai beaucoup lu le topo-guide du GR70 et utilisé la carte IGN pour me repérer. Encore une fois, même si le GR70 est vraiment très bien balisé, le guide et la carte me semblent indispensables.

Pour terminer, je voudrais remercier ceux qui m'ont permis de réaliser ce projet: Ma famille, mon mari, mes enfants, mes parents. Mes amies, Amandine B., la première a qui j'ai parlé de ce projet, Amandine encore, qui m'a accompagné au départ du chemin, Aurélie qui m'a offert un road book précieux, et tous les autres qui ont été dans mes pensées.

Je crois, définitivement, que la vie est trop courte et trop précieuse pour se priver de ce qui nous est essentiel. Chacun à sa mesure, chacun à sa façon.

Merci à ceux qui ont pris le temps de me lire, je ne suis ni Hemingway ni Giono. Mais j'ai vécu cette petite aventure comme quelque chose d'extraordinaire. Elle s'est révélée à l'image de ce que j'avais idéalisé. Je n'ai pas une seconde été fatiguée, déçue ou en colère. J'ai aimé chaque seconde de ces six journées et nuits. J'ai pris cette aventure comme un cadeau que je me faisais à moi-même. Un cadeau égoïste et précieux.

 

Adésias...

 

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