La nuit est un temps de mortelle monotonie sous un toit ; en plein air, par contre, elle s’écoule, légère parmi les astres et la rosée et les parfums. Les heures y sont marquées par les changements sur le visage de la nature. Ce qui ressemble à une mort momentanée aux gens qu’étouffent murs et rideaux n’est qu’un sommeil sans pesanteur et vivant pour qui dort en plein champ. La nuit entière il peut entendre la nature respirer à souffles profonds et libres. Même, lorsqu’elle se repose, elle remue et sourit et il y a une heure émouvante ignorée par ceux qui habitent les maisons : lorsqu’une impression de réveil passe au large sur l’hémisphère endormi et qu’au-dehors tout le reste du monde se lève. C’est alors que le coq chante pour la première fois. Il n’annonce point l’aurore en ce moment, mais comme un guetteur vigilant, il accélère le cours de la nuit. Le bétail s’éveille dans les prés ; les moutons déjeunent dans la rosée au versant des collines et se meuvent parmi les fougères, vers un nouveau pâturage. Et les chemineaux qui se sont couchés avec les poules ouvrent leurs yeux embrumés et contemplent la magnificence de la nuit. RL.STEVENSON

 

Je suis réveillée à 05h50, que c'est tôt ! C'est loupé pour la grasse matinée, mais j'ai bien dormi.Bercée par la rivière.Je sors de la tente, toujours pas de courbatures.

Je range mon barda, décidément, je n'aime pas ça.

Puis nous partons. Je prie pour que les deux bars soient ouverts. Et bien non...C'est assez difficile de partir sans un peu de café. Mais c'est ainsi. ca fait partie du voyage.

Heureusement, la boulangère me voyant attendre patiemment devant la boulangerie me fait entrer et je peux acheter du pain et un pain au chocolat tout chaud... que je dois partager avec le machin noir qui me suit.

Nous commençons notre marche à 7h. Le monde est endormi, seuls les oiseaux sont réveillés et nous accompagnent. Nous quittons le village et montons doucement.Au revoir Le Bleymard...

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Un randonneur a laissé une jolie trace de son passage...

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Tout d'abord, ce sont des prairies vertes, tellement belles.

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Les prairies laissent place à une forêt de sapins et de mélezes. Samba est à l'affut. Ça grimpe fort. je m'aide de mes bâtons. Mais jamais je ne me décourage, jamais.

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Puis nous sortons de la forêt, nous faisons une halte à la station du mont-lozere.C'est probablement à ce moment que j'ai perdu mon chapeau, celui que j'avais conservé avec soin depuis notre voyage de noces au Kenya.

Dans cette mini-station qui, je crois, ne compte qu'une remontée mécanique, il y a un hôtel-restaurant. Il est ouvert. Je commande un café que je bois sous l'oeil et les questions de deux petits enfants très curieux. La famille s'est installée ici en Septembre. les enfants et les parents semblent heureux de cette nouvelle vie.

Nous croisons un couple avec un âne, décidément, Samba ne les aime pas. En revanche, ce couple me demande s'il peuvent prendre Samba en photo. Quelle star !

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Nous reprenons notre montée vers le sommet du Finiels. La végétation est complètement différente : rase, sèche. Des grosses pierres droites jalonnent le chemin. C'est beau, vraiment. Je peux dire que cette montée m'a enchantée, du début à la fin. Il y a un peu de magie dans ce paysage. Je ressens l'impression, si rare chez moi, d'être ici et maintenant, à ma place et heureuse.

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Nous arrivons au sommet, 1699 mètres. Je suis enthousiasmée par cette beauté à 360 degrés. C'est beau, tellement beau. Je filme, je fais des photos. Mais avant tout, j'admire, longuement, posément. Parce-que les images les plus belles sont celles qui resteront gravées dans ma mémoire.

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Je vois arriver le promeneur solitaire qui était au camping hier soir. Je lui dis simplement que c'est beau, il acquiesce. Puis arrivent les deux marcheurs avec leur âne. Ils semblent également admiratifs de ce paysage aride.

Je repars, un peu à regrets, comme si je savais au fond de moi que cette montée terminée signifiait que mon voyage basculait de l'autre côté.   

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La végétation devient plus méditerranéenne, je reconnais les odeurs de pins. C'est beau. Nous descendons à travers une forêt de pins puis pfiou, encore un paysage grandiose.

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L'arrivée sur Finiels m'émerveille. Le petit village est beau.Je n'arrête pas de me dire que c'est magnifique. Il y a de gros rochers posés ça et là. Au milieu de la verdure et des genêts.

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Finiels est un tout petit village, si joli. Il manque juste un bar pour se rafraîchir.

Samba trouve sa première rivière du jour. Nous pique-niquons, puis faisons une pause les pieds dans l'eau.Je me trempe aussi les pieds. Je revois passer le randonneur solitaire.

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Enfin, nous entamons la descente vers notre destination. Je fatigue un peu. Alors je vais doucement. Après 19 km et environ 600 mètres de dénivelé positif et un peu plus en négatif, nous voilà arrivés au Pont de Montvert. Je descends une bière et nous filons installer la tente au cas où les orages prévus arrivent. Je suis de nouveau voisine du randonneur solitaire.

Le Pont de Montvert est un village plus grand. Il y a une pharmacie, deux bars, une petite superette ouverte très tôt le matin, deux restaurants, une boulangerie, un distributeur et d'autres commerces. C'est pratique pour se ravitailler.

Je fais quelques provisions pour le lendemain puis je retourne au camping. Je me repose un peu, mais au fond, je ne suis pas tellement fatiguée. Je vis chaque moment comme une chance, une richesse. Je ne veux pas en perdre une miette.

Le camping municipal est moins agréable que le précédent mais il y a des douches, de quoi charger mon téléphone et il est propre. Il y a quelques personnes qui sont en caravane. Nous discutons un peu. Des gens jouent à la pétanque. la vie quoi.

Je vais dîner dans un des deux restaurants du village. Je croise plusieurs des randonneurs que je vois depuis le début de l'aventure. Nous échangeons quelques mots. C'est un lien qui se crée entre tous ceux qui empruntent ce chemin.

Je vais me coucher, Samba à mes pieds. Finalement il ne pleut pas. Mon troisième jour est passé, déjà...