Dans une localité nommée La Bastide on me conseilla d’abandonner le cours de la rivière et de suivre une route qui grimpait sur la gauche parmi les monts du Vivarais, l’Ardèche moderne. Car j’étais maintenant parvenu au petit chemin menant à mon étrange destination : le couvent des Trappistes de Notre-Dame des Neiges. Le soleil parut comme je quittais le couvert d’un bois de pins et je découvris tout à coup un joli site sauvage au sud. De hautes montagnes rocheuses, aussi bleues que du saphir fermaient l’horizon. Entre elles s’étageaient rangées sur rangées, des montagnes couvertes de bruyères et rocailleuses, le soleil étincelant sur les veines du roc, le taillis envahissant les ravins, aussi âpre qu’au jour de la création. Il n’y avait point apparence de la main de l’homme dans le paysage entier et, en vérité, pas trace de son passage, sauf là où une génération après une génération, avait cheminé dans d’étroits sentiers tortueux pénétrant sous les bouleaux et en sortant, en haut et en bas des versants qu’ils sillonnaient. Les brouillards, qui m’avaient cerné jusqu’alors, s’étaient maintenant résorbés en nuages et ils fuyaient en vitesse et brillaient avec éclat au soleil.

RL STEVENSON. Voyage avec un âne dans les Cevennes.

 

 

Voilà, après toute cette attente, cette impatience, me voici enfin sur la route du départ. J'ai fait mon sac. Mon superbe sac à dos Decathlon. D'un volume de 60 litres, il m'a permis de pouvoir faire entrer tout ce dont j'ai besoin pour dormir, marcher, vivre pendant une semaine.

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Je quitte ma famille à 7h30, samedi matin. Ils sont inquiets, mais ne le montrent pas.

Et moi je suis fébrile, impatiente.

Mais que cette journée est longue !

Trois heures de route pour atteindre mon point d'arrivée, Saint-Étienne vallée française.

J'y suis à 10h45. Un peu en avance.

Samba et moi decouvrons les premiers ânes, lourdement chargés. Samba a peur. Il a beaucoup de succés avec son sac de bât.

Je discute avec un couple d'australiens venus faire le Stevenson. Incroyable de faire tout ce chemin pour arriver ici, en Lozère.

11h30, la navette n'est pas arrivée. 11h45... Je n'ai pas de réseau, je commence à m'inquiéter.

Une famille me prête un téléphone pour essayer de joindre les bureaux. Ils font une partie du chemin avec leurs deux enfants et un âne.

12h, la navette arrive. Une passagère est très mal, une ambulance vient la chercher.

Nous partons enfin pour Saint-Jean du Gard ou nous prendrons une seconde navette pour La Bastide Puylaurent.

Le voyage est interminable. Mais les gens sont agréables et le conducteur assure.

A trois cent kilomètres de Marseille, nous traversons la Canebière !

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Merci la Malle Postale. Un service vraiment pratique qui vous amène à votre point de départ ou d'arrivée et transporte les bagages de ceux qui souhaitent marcher légers.

J'arrive à La Bastide Puylaurent à 16h30.

Mon amie Amandine me rejoint. C'est merveilleux de pouvoir discuter avec elle et de commencer cette aventure ainsi.

Un symbole, vraiment important pour moi...

Elle me dépose à l'abbaye Notre-Dame des Neiges et decouvre ma chambre en même temps que moi.

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Voilà, elle me laisse et je suis seule, avec mon chien.

Le lieu est magnifique. Niché au creux d'une forêt de sapins, les bâtiments sont beaux et parfaitement entretenus.

La chambre est propre, les sanitaires également.

Ici vécut Charles de Foucault durant quelques mois, avant de partir pour le désert.

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Je me balade aux alentours puis il est l'heure de dîner : 19h15.

Nous mettons le couvert tous ensemble. Il y a cinq tables de huit, tout est complet, sauf une place.

Je suis la seule à voyager seule, la plus jeune aussi.

Les gens qui partagent ma table sont très sympathiques. J'adore ces rencontres, ces échanges avec des inconnus.

Nous mangeons de la salade, des saucisses lentilles et du fromage. Avec un bon pichet de rouge.

Je précise, amis végétariens, que pendant cette semaine, je vais mettre mon régime de côté, parce que je n'ai pas le choix des repas et que je meurs de faim.

Une dernière balade au coucher du soleil, avec Samba. Miracle, j'ai une barre de réseau, j'en profite pour appeler ma famille.

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J'apprécie le calme absolu, c'est tellement loin de mon quotidien. Pas de voiture, de commerces, de gens qui crient. La Paix, juste la Paix. J'entre immédiatement dans l'ambiance.

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Et je vais me coucher, Samba s'installe au pied de mon lit. Demain, ma petite aventure commence vraiment. J'ai hâte !