Une route neuve conduit de Pont-de-Montvert à Florac, par la vallée du Tarn. Son assise de sable doux se développe environ à mi-chemin entre le faîte des monts et la rivière au fond de la vallée. Et j’entrais pour en sortir, alternativement, sous des golfes d’ombres et des promontoires ensoleillés par l’après-midi. C’était une passe analogue à celle de Killiecrankie, un ravin profond en entonnoir dans les montagnes, avec le Tarn menant un grondement merveilleusement sauvage, là-bas, en dessous, et des hauteurs escarpées dans la lumière du soleil, là-haut, au-dessus. Une étroite bordure de frênes cerclait la cime des monts comme du lierre sur des ruines. Sur les versants inférieurs et au-delà de chaque gorge, des châtaigniers, par groupes de quatre, montaient jusqu’au ciel sous leur feuillage épandu. Certains étaient implantés chacun sur une terrasse individuelle pas plus large qu’un lit ; d’autres, confiants en leurs racines, trouvaient moyen de croître, de se développer, de rester debout et touffus sur les pentes ardues de la vallée. D’autres, sur les bords de la rivière, restaient rangés en bataille et puissants comme les cèdres du Liban. Pourtant là même où ils croissaient en masse serrée, ils ne faisaient point penser à un bois, mais à une troupe d’athlètes. Et le dôme de chacun de ces arbres s’étalait, isolé et vaste d’entre les dômes de ses compagnons, comme s’il avait été lui-même une petite éminence. Ils dégageaient un parfum d’une douceur légère qui errait dans l’air de l’après-midi. L’automne avait posé ses teintes d’or et de flétrissure sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage, en sorte que chaque épaisseur prenait du relief contre son voisin, non dans l’ombre, mais dans la lumière. Un humble dessinateur d’esquisses lâchait, ici, désespéré, son crayon. RL.STEVENSON

 

 

Après une nuit entrecoupée des hurlements glaçants d'un chien, je me réveille à 6h15. C'est encore rapé pour la grasse matinée, mais je ne me sens pas fatiguée. Je sors de la tente.

Rangement du matériel, toilette sommaire et je pars avec mon Samba. Ce matin, j'ai le droit à un petit café au bar, une course au Vival ouvert à 7h, ce qui est très pratique, et nous entamons notre, déjà, quatrième jour.

Je quitte le village du Pont de Monvert.

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Le ciel est menaçant, et le reste toute la journée. Nous commençons directement par monter, inlassablement.

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Puis nous arrivons sur un plateau que nous suivons un moment.

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La vue est dégagée sur cette première partie du trajet. C'est beau malgré la grisaille.Mais je reconnais que le soleil rend tout beaucoup plus gai, plus beau.

 

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Je profite d'un rayon de soleil et d'un champ de narcisses merveilleusement odorantes pour faire une petite photo... narcissique !

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Une descente et une longue, longue et interminable montée commence. Dans la forêt. Je croise, une fois encore, mon voisin de camping, tantôt devant moi, tantôt derrière. Enfin nous sommes au sommet. Je suis épuisée.

Mais la vue est jolie. Nous faisons une pause bien méritée. Je vois passer quelques marcheurs, un monsieur à Vélo qui accompagne des amis qui marchent puis commençons à descendre vers le col du Sapet.

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Samba et moi partageons le pique-nique du jour. Je discute avec une dame qui gère la voiture d'une étape à l'autre pendant que ses amis randonnent ou pédalent. Elle est drôlement gentille, et je vais m'en aperçevoir plus tard... Je suis touchée tout au long de cette randonnée de la sollicitude des gens. C'est tellement loin de mon quotidien, tellement... Il n'y a rien d'intéressé dans ces courts échanges, juste le plaisir de partager quelques instants de vie. C'est précieux.

Il nous reste encore 11km à parcourir... La descente se fait dans la forêt. Ce n'est vraiment pas ce que je préfère.

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Les arbres ont parfois des formes incroyables !

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Je souffre, j'ai mal au dos, je sens pour la première fois un poids, une douleur. Mais très curieusement, j'y trouve un sens, et je finis par l'aimer. Elle signifie que je suis là, vivante.

Nous arrivons en bas, le long du Tarn. Samba se jette dans la rivière. J'y plonge mes pieds endoloris avec joie. Mais je n'ai toujours aucune ampoule, vive mes chaussures !

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Puis nous terminons les derniers kilomètres.Tranquillement.

24 kilomètres, 600 mètres de dénivelé positif et un peu plus en négatif. Une bonne journée.

Nous arrivons au camping, au bord de l'eau. Le bruit de la rivière est fort cette fois. J'installe toujours aussi facilement le campement. Je prends ma douche, je bois une bonne bière dans un fauteuil incroyablement confortable au camping puis je me repose, sur un transat, tandis que Samba se baigne.

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Je dîne au snack du camping de Chantemerle, c'est bon, étrangement très bon. En fait, comme j'ai vraiment faim chaque soir, je mange avec un réel appétit et non par habitude ou gourmandise.

Le repas est pris dehors, au bord de l'eau, c'est très agréable.

Puis, je file sous la tente, suivie de près par Samba.

Il est temps de dormir...